MÉDITATION, CONNAISSANCE ET ZHAN ZHUANG

PARTIE 1/2

L’état méditatif permet de percevoir la réalité dans sa forme la plus pure, la plus vide. De ce vide émerge la connaissance et la compréhension des choses. Le Zhan Zhuang peut être un outil pour rechercher ce vide et transformer la force brute en force interne. Il faut atteindre la limite de la pensée, là où les pensées cessent d’exister ; la limite de la conscience corporelle, là où le corps disparaît. Des sensations impossibles à décrire avec des mots.

Bien qu’il soit possible de pratiquer le Zhan Zhuang de manière totalement pragmatique, en termes de structure et d’alignement, le Maître Wang Xiang Zhai nous invite à aller bien au-delà. Dans le 意拳正軌 [La Voie correcte du Yi Quan], il nous révèle un magnifique parallèle entre la pratique du bouddhisme Chan et la pratique martiale.

Je vous partage ici un passage que j’ai traduit :

« Si tu veux utiliser tes capacités martiales avec excellence, tu dois commencer par la pratique du Zhàn Zhuāng et par la transformation de la force. C’est ce qu’on appelle transformer la faiblesse en puissance et la maladresse en habileté. Les pratiquants du bouddhisme Chan commencent par suivre la discipline monastique ; ensuite, ils deviennent habiles dans la méditation et développent la sagesse [voir note 1]. Puis ils découvrent la source de l’esprit, comprennent la réalité du vide et, lorsqu’ils atteignent l’extrême limite, ils trouvent la Voie.

Ainsi en est-il du bouddhisme Chan, et il en va de même pour les arts martiaux.

Au début de l’étude, il existe de nombreuses postures : par exemple Xiáng Lóng Zhuāng, Fú Hǔ Zhuāng, Zǐ Wǔ Zhuāng, Sān Cái Zhuāng, et bien d’autres encore. À un certain point, il faut abandonner la complexité pour revenir à la simplicité. Il faut saisir l’essence de chaque posture, puis les fondre en une seule, celle que l’on appelle Hùn Yuán Zhuāng [La posture primordiale]. Cette pratique nourrit la force vitale et le combat véritable. Elle permet de maîtriser à la fois l’art d’attaquer et de se défendre, ainsi que la circulation du Qi. Après une courte période d’entraînement, les résultats obtenus sont si profonds que les mots ne peuvent les décrire.

NOTE :
1 – 顶慧 (Dǐng Huì) : méditation/concentration et sagesse – deux des six vertus transcendantes (Pāramitā) selon le bouddhisme.

Traduction : Mauro Antonino D’Angelo

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